“Il faut parler la langue vivante de la vérité et réorienter la politique du gouvernement” – Mon discours au congrès du PS

Mon discours au congrès de Poitiers ce dimanche, à partir de la 47e minute.

“On ne peut plus s’adresser aux Français en leur disant que notre politique est excellente. […] Les Français voient et comprennent tout: les renoncements, les inégalités qui perdurent. […]  La principale fronde, c’est celle des militants et des citoyens de gauche qui partent sur la pointe des pieds par qu’ils ne se reconnaissent plus dans la politique que nous menons. […]  Il faut parler la langue vivante de la vérité et réorienter la politique du gouvernement. […] Il faut reconnaître les erreurs et les déséquilibres de notre politique pour créer un peu d’espérance chez les Français. […]  Ensemble, redressons la têtes, redressons la barre. Redonnons aux militants le goût et la fierté de l’engagement”.


Congrès du PS : dimanche 7 juin [1ère partie] par PartiSocialiste

Les frondeurs vont-ils créer la surprise au congrès du PS? – Itw à C à Dire sur France 5

Député PS d’Indre-et-Loire, Laurent Baumel est l’un des animateurs de la Gauche populaire. Pour “C à dire ?!”, il revient sur les enjeux du vote des militants socialistes ce jeudi pour déterminer l’orientation politique du PS, première étape du Congrès du parti qui se tiendra en juin prochain.

C’est une semaine-clé pour le PS. Après demain tous les militants socialistes sont appelés à voter pour définir la ligne politique du PS. Ils auront le choix entre quatre motions, dont celle de la ligne officielle portée par Jean-Christophe Cambadélis et celle des frondeurs portée par Christian Paul. Qui va voter ? Où va-t-on voter ? “Le PS est organisé dans la France entière, dans les communes, par section. Les militants vont venir voter et en fonction du score des motions, on a une orientation sur l’orientation politique du PS. On devrait avoir les résultats assez tard dans la nuit”.

On dit que la motion de Jean-Christophe Cambadélis devrait obtenir 50 % des voix. Vous, quel résultat souhaitez-vous ? “Ce qui est important c’est le rapport de force issu du vote des militants. Je veux que ce soit pour eux l’occasion de s’exprimer à travers le vote, notamment pour notre motion. Et ainsi envoyer un signe au gouvernement d’une inflexion sérieuse de sa politique pour retrouver nos électeurs”.

Qu’est-ce qu’un bon score pour vous ? “Un score qui permettrait d’indiquer qu’il y a une demande très forte d’inflexion de la politique gouvernementale pour la rendre plus juste plus conforme à ce que l’on attend de la gauche quand elle est au gouvernement. Il s’agit d’exercer une pression, une interpellation utile du gouvernement pour lui dire par exemple qu’au lieu de mettre 40 milliards d’euros sur la table pour baisser les impôts des entreprises, on pourrait réserver ces aides aux entreprises qui en ont besoin et en récupérer une partie pour soutenir les banlieues ou les territoires ruraux qui ont fait part lors des dernières élections de leur sentiment d’abandon”.

Le score peut-il relancer l’idée d’une primaire ? “On verra. Dans l’immédiat ce n’est pas l’enjeu. Dans l’immédiat l’enjeu est : est-ce qu’il y a un soutien massif du PS pour que rien ne change ou est-ce qu’il y a une demande d’inflexion assez forte qui émerge du PS et dont François Hollande devra tenir compte ?”

Martine Aubry a dit qu’elle soutenait la motion de Jean-Christophe Cambadélis. “C’est au mauvais pari. Tous les soirs, je suis sur le terrain et je ne comprends pas bien le pari qu’elle a fait. Elle a dit qu’elle voulait peser de l’intérieur. Nous, nous avons fait un choix plus clair. On propose aux militants de s’exprimer et d’exprimer leurs sentiments pour voir où on est aujourd’hui dans le débat qui traverse la gauche au pouvoir”.

Pour revoir la vidéo: http://www.france5.fr/emissions/c-a-dire/diffusions/19-05-2015_327793

Loi Macron, réforme du collège, congrès du PS: mon interview à Atlantico

Atlantico : La loi Macron a été largement libéralisée au Sénat. Or les sénateurs PS se sont abstenus. Comment analysez vous ce vote ?

Laurent Baumel : Ça me laisse un peu perplexe, je n’ai pas d’interprétation évidente. Je me dis que peut-être les idées sociales libérales sont plus avancées chez les sénateurs que chez les députés ou chez les militants socialistes. Au PS, la ligne Valls n’est pas du tout assumée puisque la direction à fait appel à Aubry pour colorer son texte. Du point de vue du gouvernement, cette stratégie me paraît absurde car il avait déjà dû utiliser le 49-3 à l’Assemblée et là ils déplacent encore le compromis de ce texte mais dans le mauvais sens. Ils ne se mettent pas en situation de rectifier le texte à l’Assemblée.

La loi va maintenant être discutée en commission mixte paritaire. Qu’attendez-vous des débats qui s’annoncent ? Pourra-t-elle être améliorée ?

Je ne sais pas, les socialistes auront-ils a cœur de rétablir la version initiale du texte dont je rappelle qu’elle n’avait pas suffit à permettre une adoption par la voie régulière, ou est-ce qu’au contraire ils valideront la position du Sénat ? Ou encore, est-ce qu’au contraire ils prendront en compte les propositions des frondeurs ?

Lorsqu’avec Christian Paul nous en avions discuté, en mars, avec certains membres du gouvernement, on avait eu, au contraire, le sentiment qu’un petit effort pourrait être fait en deuxième lecture pour essayer d’aplanir les difficultés afin d’éviter de recourir au 49-3, mais là, l’épisode sénatorial me laisse perplexe.

Le vote de la commission mixte paritaire interviendra entre le vote des motions et le congrès du PS. Quelle influence cet agenda peut-il avoir ?

C’est un débat peu lisible pour les militants. Mais certains peuvent néanmoins comprendre que cela illustre une forme de double jeu entre la motion de la direction qui a fait toute sa place aux idées de Martine Aubry d’une part, et une pratique gouvernementale qui semble rester dans la logique de Manuel Valls et François Hollande d’autre part.

On a vu que lors de son voyage à Cuba, François Hollande tentait de séduire, par quelques symboles, l’aile gauche du PS. Une rencontre avec Fidel Castro suffit-elle à gauchiser le Président ?

Il ne faut peut-être pas trop nous prendre pour des imbéciles, vous pensez vraiment que parce que Hollande va rendre visite à Fidel Castro je vais changer d’avis sur le pacte de responsabilité ? S’il le croyait réellement ce serait dramatique. Qu’il aille voir Castro en tant que personnage historique soit, mais ça ne change absolument pas l’appréciation que les gens ont aujourd’hui de la politique qui est menée.

Quels sont vos espoirs pour le congrès ? Pour la motion B ?

On espère faire un score très élevé et à travers ce score, et montrer que les militants socialistes souhaitent réellement une inflexion.

Et qu’est-ce que cela pourrait-il changer ?

Certes, la constitution protège le Président de l’influence du parti majoritaire durant la durée du quinquennat mais il faudra bien, à un moment, qu’il rassemble son camp. Il ne pourra pas ignorer, mois après mois, les messages qui sont envoyés. La fronde, pour l’instant, a été cantonnée au Parlement même si elle l’a été difficilement puisqu’il a fallu utiliser l’arme du 49-3 pour faire passer la loi Macron car il n’y avait plus de majorité. Mais si l’interpellation sur un changement de ligne devait prendre une certaine ampleur au sein du PS, cela deviendrait vraiment difficile pour le Président de dire qu’il continue comme si de rien n’était car c’est son propre parti qui l’interpellerait. Donc le rétrécissement de la majorité finira par avoir des conséquences pour lui aussi.

Si aucune inflexion n’était donnée à la politique du gouvernement, demanderiez-vous la tenue de primaires pour 2017 ?

Ça n’est pas forcement comme ça que les choses se passeront, mais François Hollande créerait les conditions politiques qui réduiront ses chances d’être candidat. Vous ne pouvez pas ne pas avoir le pays avec vous, ne pas avoir la gauche et ne pas avoir votre parti. Si le parti lui demande réellement une inflexion je vois mal comment il pourrait faire comme si de rien n’était.

Il espère qu’un remaniement à l’issue du congrès, que l’entrée de quelques frondeurs, suffira à aplanir les choses…

Il n’y aura pas de frondeurs au gouvernement. On ne rentrera pas au gouvernement sur une base politique inchangée. La question, ça n’est pas le casting mais l’orientation.

Ces tensions au PS ne risquent-elles pas, au final, de donner une longueur d’avance à la droite en vue de la présidentielle ?

C’est ce que j’entends tous les soirs dans les débats internes, c’est à peu prêt le seul argument, répété en boucle, par les dirigeants actuels du parti et les partisans de la motion A mais je conteste cette analyse. Je pense qu’il n’y a pas une opinion publique qui serait tendanciellement satisfaite de la politique gouvernementale et qui serait détournée de cette politique par les frondeurs. Je ne pense pas que nous ayons une influence déterminante sur le point de vue que les gens ont de la politique gouvernementale. Ça n’est pas la division ou le débat qui sont à l’origine de nos défaites, c’est le fait que les gens voient la politique que nous menons et ne se reconnaissent pas en elle. Les frondeurs ne sont pas la cause des défaites mais leur symptôme.

Comment jugez-vous les débats autour de la réforme du collège ?

Il y a une part d’hystérisation de la droite qui est montée dans les tours très rapidement et qui essaie, sans doute, de refaire le coup de la manif pour tous.

Mais on a aussi vu Ségolène Royal ou Jack Lang émettre des réserves…

Oui, il y a un débat classique qui traverse la gauche et le pays depuis longtemps sur les objectifs de l’Éducation nationale : est-ce que c’est lutter contre les inégalités ou offrir des apprentissages fondamentaux. On retrouve ce débat là parce que la volonté de la ministre de lutter contre des formes de sélection sociale par le choix des filières est louable mais si ça se fait au détriment de l’enseignement de disciplines fondamentales, ça pose d’autres problème. On est dans cet équilibre là.

“Les idées sociales-libérales de Manuel Valls sont plus prégnantes au Sénat” – Interview au Figaro

INTERVIEW – Le député frondeur socialiste regrette que ce qu’il considère comme les régressions sociales de la Loi Macron n’aient pas été amendées par le groupe PS au palais du Luxembourg.

Le projet de loi Macron a été profondément modifié au Sénat. En quoi ce texte est-il porteur de «régressions sociales», comme l’a dénoncé Christian Paul?

Nous étions déjà critiques sur le projet initial sorti de l’Assemblée qui présentait aussi des régressions sociales. À l’époque, nous étions toutefois prêts à envisager l’abstention si le gouvernement avait au moins accepté d’inscrire dans la loi le principe de doublement salarial. Il s’est au contraire obstiné en prétendant que l’obligation d’accords collectifs était une contrepartie déjà suffisante, voire plus avantageuse pour les salariés.

C’est cette obligation minimaliste que le Sénat de droite a fait sauter, aggravant encore le potentiel régressif du texte. Sur le travail dominical, il n’y a désormais plus d’obligation d’accords collectifs sur les contreparties dans les zones commerciales et touristiques ainsi que pour les entreprises de moins de 11 salariés. On ne peut reprocher à la droite de renforcer la logique libérale de la loi Macron. En revanche, il est très surprenant qu’avec l’aval du gouvernement, le groupe PS au Sénat ait majoritairement exprimé leur accord au texte en s’abstenant.Comment expliquer leur position?

J’imagine que les idées sociales-libérales de Manuel Valls sont plus prégnantes au Sénat, alors qu’elles rencontrent de fortes résistances parmi les députés et au parti. Il y a, plus généralement, un hiatus malsain entre la parole et les actes: on confie à Martine Aubry la rédaction de la motion de la direction sortante au congrès, on prétend qu’on s’opposera à toute extension du travail du dimanche et on prend allègrement le chemin contraire lors du débat parlementaire. Nous sommes en train de vivre un «nouveau Bourget».

Quelle sera l’issue finale du texte?

Si la version sénatoriale était proposée aux députés, les mêmes causes sont susceptibles de produire les mêmes effets. Le gouvernement serait plus sage de voir ce qui a manqué chez les députés en février pour au moins obtenir l’abstention des plus récalcitrants.

Propos recueillis par Julien Chabrout

A gauche pour gagner en Touraine

Avec mes camarades socialistes tourangelles et tourangeaux, et à l’approche du Congrès de Poitiers, nous formulons 15 propositions pour  remettre notre fédération en mouvement.

A gauche pour gagner en Touraine

Pour signer la Motion B, il suffit de cliquer ici: http://agauchepourgagner.fr/signez-la-motion-b-a-gauche-pour-gagner/

Je présenterai pour ma part la Motion B lors des Assemblées générales de Joué-lès-Tours le mardi 5 mai à 20h à l’Espace Clos Neuf et de Tours le jeudi 7 mai à 20h à l’Espace Jacques Villeret.

 

A gauche, pour gagner! La Motion que j’ai signée pour le Congrès de Poitiers

Avec Christian Paul, Benoît Hamon, Emmanuel Maurel, Aurélie Filippetti, et bien d’autres , je suis l’un des premiers signataires de la Motion B “A gauche, pour gagner!” au Congrès de Poitiers du Parti socialiste.

Pour lire le texte:

Motion B – A Gauche Pour Gagner

Pour signer le texte: http://agauchepourgagner.fr/signez-la-motion-b-a-gauche-pour-gagner/

Interview au journal d’Europe 1 – Hollande, le FN et le PC

J’étais ce soir interviewé par Europe 1 pour réagir aux propos de François Hollande sur le FN et le PC dans le Supplément de Canal Plus ce dimanche: en réponse à un reportage montrant certains de ces électeurs de 2012 déçus et qui se sont tournés vers le FN,  le président de la République a comparé la politique économique proposée par Marine Le Pen à celle du PC des années 1970.

J’ai été troublé par cette comparaison. J’ai été enfant, adolescent, dans les années 70. Et le souvenir que j’en ai c’est plutôt celui des militants communistes qui distribuaient des programmes communs, ceux qui ont contribué à la victoire de François Mitterrand en 81. J’aurai aimé que François Hollande soit dépositaire de cette histoire là.

Ce n’est pas une bonne manière de répondre au désarroi des électeurs déçus qui se tournent vers le FN. Ce n’est pas comme ça que l’on rassemblera la gauche. Je ne crois pas qu’il soit très adroit de stigmatiser l’un de nos partenaires principaux.

La vidéo de mon interview entre 10′ et 12’58.