CEVIPOF – “Quand la fronde s’invite au Parlement”

J’étais ce lundi l’invité du CEVIPOF, le centre de recherche de Sciences Po Paris, pour présenter mon dernier livre “Quand le Parlement s’éveillera” et débattre de la place du Parlement dans notre République, avec Bernard Dolez, professeur à Paris 1, Martial Foucault, directeur du CEVIPOF, et Thomas Legrand, journaliste politique à France Inter.

Voici un extrait de mon intervention.

Rencontre avec François Hollande, départementales, politique du gouvernement – Interview au Figaro

INTERVIEW – À quelques jours des élections départementales, le député PS d’Indre-et-Loire, l’un des chefs de file des frondeurs, réaffirme sa volonté « d’inflexion sérieuse » de la politique économique et sociale du gouvernement.

LE FIGARO.- Avec d’autres frondeurs, vous avez été reçu par François Hollande mercredi soir. Certains se disent «prêts» à entrer au gouvernement, comme Jean-Marc Germain. Êtes-vous divisés sur la stratégie politique?

Laurent BAUMEL. -Les problèmes de casting et de remaniement ne sont pertinents que par rapport à la ligne politique. La question est de savoir sur quel projet on entre au gouvernement. Le débat sur le casting et le remaniement détourne l’attention du fond de notre combat, c’est donc un peu hors sujet. Je ne sens pas de division chez les frondeurs: nous sommes relativement unis autour de la demande de réorientation. Les frondeurs sont des gens qui mènent un combat sincère au nom d’une certaine idée des engagements électoraux pris en 2012. Cela est d’ailleurs ressenti comme tel par beaucoup de Français.

François Hollande déclare dans «Challenges» qu’il n’y aura «pas de changement ni de ligne ni de premier ministre». Mais ce changement de ligne peut-il intervenir après les départementales en cas de débâcle du PS?

Ce changement est possible et souhaitable politiquement. Si François Hollande veut terminer le quinquennat dans des conditions politiques de rassemblement de son camp, ce qui serait souhaitable pour aborder les échéances futures, il aura besoin de recentrer sa politique sur les fondamentaux de sa campagne de 2012. Ce sont les seules choses qui pourront permettre de renouer le lien avec la gauche. Tout porte à croire que c’est l’intérêt du président et de la gauche.

Même si le président affirme qu’il conservera Manuel Valls, le premier ministre peut-il rester à Matignon après les départementales?

On ne va pas spéculer sur un résultat électoral que personne ne connaît encore. Nous sommes actuellement en campagne pour convaincre les électeurs de gauche de voter. Indépendamment du résultat du scrutin, le besoin d’inflexion de la politique économique et sociale se fait sentir parce que les résultats ne sont pas à la hauteur. Le frémissement de la conjoncture ne suffira pas à résoudre les problèmes d’emploi et de pouvoir d’achat. On ne demande pas un virage à 180 degrés mais une inflexion sérieuse. C’est à Manuel Valls de voir s’il peut la mettre en œuvre. Est-il viscéralement attaché à la politique sociale-libérale qu’il mène ou est-il prêt à des changements pour revenir à la ligne du Bourget?

Manuel Valls est-il selon vous un obstacle au rassemblement de la gauche afin d’éviter l’élimination au premier tour en 2017?

Nous ne faisons pas du départ de Manuel Valls un préalable. Ce n’est pas un combat de personne ni un combat pour un changement de casting. Cela ne suffirait pas en soi, c’est la question de la politique et de la méthode pour gérer la majorité qui est importante. Le rôle des parlementaires tel qu’on essaye de le dessiner n’est pas de mettre un oukase sur des personnes mais c’est le droit de donner notre mot sur la redéfinition de la ligne politique en cours de mandat. Il faudra que Manuel Valls accepte de changer de logique et ne fasse pas de la confrontation avec ceux qui s’opposent à la politique sociale libérale le cœur de son action.

Propos recueillis par Julien Chabrout